Bienvenue sur le blog de "l'atelier numérique" du Groupement des auteurs de Bande dessinée
vendredi 25 mars 2011
Quel prix pour la BD numérique ?
Une des questions récurrentes dans les débats qui animent le milieu de la BD sur le sujet du numérique concerne le prix de vente. Si l’ont veut que le marché décolle, il faut trouver le bon prix. Actuellement, selon les sites on trouve des offres en location autour de deux euros et des offres d’achat variables évoluant entre trois et cinq euros. On a parfois des albums proposés à 6 ou 7 euros et même parfois au même prix que la version papier. En bref, on tâtonne, on teste, on essaie de voir comment les lecteur réagissent. Mais avant de fixer un prix de vente pour une bande dessinée, ne devrions nous pas nous poser une question essentielle : Qu’est-ce qu’on achète réellement quand on achète un livre ?
Quand on achète un livre, on s’offre un accès à deux éléments : l’œuvre et son support. Le support est un objet noble, généralement de bonne facture, que l’on peut conserver, transmettre à sa descendance, offrir, prêter, faire dédicacer... C’est aussi un objet qui vient garnir les rayons de sa bibliothèque et la bibliothèque n’est rien de moins qu’une “vitrine culturelle personnelle”. Elle présente, à soi-même et aux amis de passage, une image de soi gratifiante, celle d’un individu cultivé. On fait visiter sa bibliothèque comme on fait visiter les pièces de la maison,. “Montre-moi ce que tu lis et je saurais (un peu) qui tu es”.
Quant au contenu, l’œuvre elle même, est-ce qu’on l’achète vraiment ? Car si je veux lire un livre, voir un film, écouter un disque sans payer, je peux très bien l’emprunter à un ami ou m’assoir dans une médiathèque et consulter ce que je veux à volonté. C’est légal, ça ne fait pas de moi “un pirate”. Quand j’achete un livre, celui-ci est différent de celui que mon voisin a acheté également. Même si c’est le même ouvrage, ça reste un objet physique distinct alors que le contenu est le même. Donc quand j’achète un livre, j’achète un support physique et j’achète un service : un accès facilité, à domicile, à une œuvre.
Lorsqu’on achète une bande dessinée numérique, que reste-t-il de tout cela ? Il ne me reste que l’accès à l’œuvre. Tout le reste a disparu. On ne paie plus pour un support, on paie juste pour un service.
Mais quelle valeur a ce service ?
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